Changement climatique, l’état répond aux associations de l’affaire du siècle

Le ministère de la transition écologique demande le rejet de la requête de l’affaire du siècle, désormais soutenues par la Fondation Abbé Pierre et la Fédération Nationale d’Agriculture Biologique, qui accusent la France d’inaction.

Une réponse prévisible

L’Etat a pris plus d’un an pour rédiger sa réponse et, sans surprise, elle rejette les quatre ONG qui composent l’affaire du siècle qui l’ont assigné. Cette assignation devant le tribunal administratif de Paris date du printemps 2019. Un motif : l’inaction alléguée de l’état face aux changements climatiques.

Mardi 23 juin, à quelques heures seulement du délai limite, le ministère de la transition écologique et solidaire a remis son mémoire en défense au nom de l’Etat dans le dossier, qui l’oppose aux associations Notre affaire à tous, Fondation pour la nature et l’homme, Greenpeace France et Oxfam France.

Ce document réfute les arguments des ONG selon lesquels l’Etat méconnaîtrait « ses obligations générales de lutte contre le changement climatique et ses obligations spécifiques en matière d’atténuation et d’adaptation au changement climatique résultant de l’accord de Paris, de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales, du droit de l’Union européenne et du droit national ». Ce rapport se conclue par la sollicitation d’un rejet intégral de la requête auprès du juge.

L'Affaire du Siècle est désormais entièrement entre les mains du ...

L’affaire du siècle, c’est quoi ?

L’Affaire du siècle est une campagne de justice climatique en France initiée par quatre associations (Notre affaire à tous, Fondation pour la nature et l’homme, Greenpeace France et Oxfam France) le 17 décembre 2018 visant à poursuivre en justice l’État pour son inaction en matière de lutte contre le réchauffement climatique.

Cette action en justice fait suite à la pétition en ligne, lancée le 18 décembre 2018 par 4 associations. En trente-six heures, elle avait recueilli le nombre record pour la France d’un million de signatures, avant de dépasser la barre des deux millions, le 10 janvier 2019.

La réponse de l’État est-elle à la hauteur ?

Comme expliqué plus haut, le ministère réfute les arguments apportés et nie sa responsabilité. Face à l’urgence climatique, il ne fait désormais plus aucun doute que l’État rejette tout manquement à ses obligations. Alors que 76% des Français considèrent légitime que l’État soit contraint par la justice à agir pour respecter les objectifs de l’Accord de Paris.

Outre le déni de responsabilité dont fait preuve l’état, il joue également la montre en temporisant sur les délais à tenir pour respecter les objectifs de l’Accord de Paris,  et en prétextant que pour ceux de 2020, l’année n’est pas encore écoulée.

Dernier point, l’affaire du siècle présentait dans ses accusation un lien évident entre changement climatique et atteinte au droit à la vie et droit au respect de la vie privée et familiale. Ce lien a été totalement réfuté par l’Etat.

 

Diane MOUREAU

Est-il éco-responsable en tant que citoyen de consommer de la viande ?

A l’échelle mondiale, les humains consomment de plus en plus de viande alors que notre ration quotidienne dépasse déjà les recommandations de l’Organisation Mondiale de la Santé.

Manger moins de viande rouge est-il nécessaire? Ces chercheurs ...

Etat des lieux et conséquences écologiques de la consommation de viande

La viande est un plat très prisé partout dans le monde. Bien que la consommation de viande rouge soit en légère baisse et la consommation de viande blanche en hausse en Europe, les pays qui se sont beaucoup enrichis ces dernières années comme le Brésil, l’Inde ou la Chine ont une alimentation de plus en plus carnée. Il s’agit de quelque chose de complètement nouveau dans notre monde car, pour nos grands-parents et leurs grands-parents, la viande était une ressource occasionnelle qui est devenue aujourd’hui habituelle pour ne pas dire systématique.

Selon un rapport de Food and Agriculture Organization of the United Nations à Rome en 2006, l’industrie de la viande combine à elle seule 18% des gaz à effet de serre. C’est plus que ce que dégage l’industrie de tous les transports dans le monde entier. Non content de dégager énormément de gaz à effet de serre, cette même industrie puise une quantité d’eau gigantesque dans le seul but de nourrir des animaux dont la chair sera ensuite consommée par les humains. Selon un article paru en 2004 dans BioScience, la consommation d’eau pour l’agriculture animale varie entre 34 et 76 milliards de gallons par an. Soit entre 129 et 288 milliards de litres par an. L’impact de cette industrie n’est en aucun cas négligeable dans le contexte du réchauffement climatique actuel. Aussi, dans un contexte de conscience citoyenne voire de survie de l’espèce Homo Sapiens, il parait intéressant de limiter drastiquement sa consommation de viande voire de la supprimer pour réduire l’impact en carbone et en consommation d’eau qui devient tous les jours un sujet un peu plus inquiétant.

Consommation de viande et éthique

Devenez acteur de la création d'un espace naturel protégé - Un échec

Au-delà de la planète qui se trouve aujourd’hui dans un état regrettable, l’industrie agro-alimentaire décime plus d’un milliard d’animaux par an. Pour pouvoir offrir des prix toujours plus attractifs et augmenter le profit, les abattoirs se font systématiquement encore plus inhumains et plus rapides dans leur abattage.   Réduction de l’anesthésie, diminution du temps moyen passé à égorger la bête, conditions sanitaires des lieux et gestion du stress de l’animal bâclées. L’écologie ne consiste pas seulement à construire un monde dans lequel la terre continuerait de tourner comme elle le fait depuis bien avant l’apparition de l’humanité. Il s’agit de trouver l’adéquation idéale entre l’homme et l’animal. La parfaite alchimie qui profite aux animaux et aux hommes. Or, après avoir détruit dans des conditions bien souvent déplorable la vie de tous ces animaux, l’homme en vient à endommager sa propre santé.

 

Consommation de viande et santé

Aujourd’hui sur terre 350 millions de personnes souffrent de diabètes. De même, une grande partie des humains auront un jour un accident cardio vasculaire ou un cancer. Un tiers des dollars américain dépensés dans le milieu pharmaceutique vont combattre un diabète. Devant ces faits alarmants, plusieurs questions se posent. Pourquoi y-a-t-il tant de diabètes aujourd’hui par rapport à il y a cinquante ans ? Pourquoi rien n’est fait dans la prévention de ces maladies à part quelques timides spots publicitaires sans véritable portée ? D’autre faits sont assez troublants et mettent la puce à l’oreille. L’organisation mondiale de la santé assigne la consommation de bacon et de saucisse aux éléments cancérigènes de catégorie 1. Comme le tabac. Néanmoins la société américaine contre le cancer encourage à la consommation de viande rouge en tout genre. De même The New England Journal of Medicine publie en 2004 le fait que le diabète ne provient pas de la consommation de sucre. D’un autre côté, le journal américain de clinique nutritive publie en 2011 que la consommation de viande transformée, si consommée quotidiennement, augmente de 51% la probabilité de développer un diabète. Devant ces faits alarmants, on peut se demander pourquoi la population continue de consommer tant et plus toute sorte de viande. Alors on se rend compte que le milieu pharmaceutique dépense plus d’argent que tout autre secteur dans le lobbying aux USA. De même il s’agit de chaine de restauration rapides dont les conséquences sur la santé ne sont plus à prouver comme McDonald ou KFC qui sponsorisent les associations de combat contre le diabète et le cancer. Là où il s’agit plus en l’occurrence de santé personnelle que d’éco-citoyenneté, il parait néanmoins intéressant de proposer des plats basés sur des matières premières végétales pour les personnes que nous venons à nourrir, que ce soient nos enfants ou nos invités.

 

En conclusion, que ce soit pour diminuer le réchauffement climatique qui augmente un peu plus chaque jour et qui promet de plus en plus de catastrophes naturelles, que ce soit pour les conditions de vie et de morts imposés aux milliards d’êtres vivants qui sont élevés pour exploiter nos appétits toujours plus voraces, que ce soit pour notre santé et celle de nos proches, il semble intéressant de diminuer sa consommation de viande dans un contexte éco-responsable.

La députée européenne écologiste Marie Toussaint exige un référendum

« Assez de tergiversations, il faut un référendum pour interdire enfin l’écocide ». Ce sont les mots prononcés par Marie Toussaint, députée européenne écologiste dans une tribune au Monde.

Marie Toussaint, l'écolo derrière la pétition la plus signée de l ...

Un écocide reconnu

La convention citoyenne pour le climat, anciennement dénommée Convention citoyenne pour la transition écologique, a approuvé à 99,3 % la reconnaissance de l’écocide, un crime évoqué depuis les années 1950. En réponse à ce constat la convention préconise son adoption par référendum. Tous les signaux écologiques sont au rouge. Le climat se réchauffe de plus en plus vite et l’objectif de 1,5 °C pourtant mentionné par l’accord de Paris est d’ores et déjà hors de portée. Les limites planétaires sont déjà en grande majorité dépassées, la biodiversité est plus que menacée, la déforestation continue à nous rendre plus vulnérables aux pandémies zoonotiques (infestations parasitaires dont les agents se transmettent naturellement des animaux à l’être humain) comme celle du Covid-19 que nous venons de traverser.

Une révolution nécessaire

Ce que réclame la convention citoyenne – et ce dont nous avons besoin à l’heure actuelle – est une révolution. L’humanité n’a jamais connu de risque aussi grave que celui-ci. La guerre, les famines, la surpopulation, les crises religieuses, les génocides raciaux…rien n’a jamais été aussi graves que la mise en danger de l’habitabilité de la Terre. Il s’agit ici de la survie, non pas d’une partie de la population, mais de toutes les espèces vivantes, nous compris.

Il est temps de changer de modèle économique, de mettre en place un autre système politique que celui au pouvoir, qui nous conduit aveuglement à notre perte. Tout l’enjeu de la convention citoyenne pour le climat est ici exprimé. Le travail des 150 membres de cette convention est de faire respecter les promesses de s’assurer de l’atteinte des objectifs, là où les politiques échouent, décennies après décennies.

Dans l’attente d’une réponse du président de la république, affaire à suivre…

Quid de l’agriculture et de l’engagement climatique de la France

Gilles Luneau, spécialiste du monde agricole, affirme l’urgence de donner à la nature une place politique et de revoir le financement du modèle agronomique européen actuel.

Gilles Luneau - Babelio

Le covid19, un enseignement enrichissant

Parmi tous les enseignements que la crise nous a apportés, il y a celui du dysfonctionnement de notre système agricole. En effet, en matière agricole et alimentaire, la crise Covid-19 a montré que notre fragilité était dans la dépendance aux importations. La solution alimentaire a été trouvée grâce à l’utilisation créative des circuits courts entre production agricole et consommateur, entre campagne et ville.

Climat, biodiversité, santé, le modèle agronomique européen est en échec. Ce n’est plus une surprise. Il est urgent d’inclure l’agriculture à la politique, plutôt que de fermer les yeux et d’agir comme si le système tournait tout seul, comme si nos supermarchés produisaient leur nourriture. Le premier acte nécessaire en politique est de créer un grand ministère de l’écologie qui inclurait l’agriculture, tant cette dernière affecte le climat, la biodiversité et la santé. Il aberrant de savoir que le ministère de l’écologie actuelle n’inclue pas l’agriculture. Le second acte est de placer l’enseignement agricole sous l’autorité de l’éducation nationale. Car l’avenir de nos terres et de notre Terre appartient aux jeunes agriculteurs bien formés aux défis de la transition écologique. Enfin, le troisième acte nécessaire est d’admettre les agriculteurs dans le régime général d’assurance sociale et de retraite, d’intégrer que les agriculteurs, bien plus que les banquiers ou les assureurs sont nécessaires à notre survie. Il est grand temps d’inclure à la société celles et ceux qui nous nourrissent.

En pratique, ça donne quoi ?

La clé d’un changement aussi radical réussi est la garantie de transparence. En effet, modifier du tout au tout la place de l’agriculture et de ses acteurs dans le monde risque fort de troubler l’ordre actuel tant chéri par nos gouvernements. Pour gérer l’onde de choc d’un tel changement de cap et imaginer de façon la plus démocratique possible l’avenir de notre agriculture, Gille Luneau pense qu’il serait bon de transformer les chambres départementales d’agriculture en « parlements de la nature et de la nourriture » où seraient représentés tous les usagers de la nature. Ce lieu donnerait enfin à la nature une place politique. Pour que l’agriculture soit en phase avec les engagements climatiques pris en 2015 par la France à la COP21, il suffirait d’attribuer les 20 milliards annuels au climat, à la biodiversité, à la ressource en eau, et ce dès le premier euro versé. Cela permettrait de financer la transition climatique et écologique de l’agriculture sans augmentation de budget.

L’argent est déjà là, les fonds pour le climat existent, il suffit simplement de les dépenser réellement pour le climat.